Le calvaire du saint Esprit

Le calvaire sculpté dans le granite se compose d’une assise triangulaire : assise symbolique qui figure la Trinité, car les " imagiers " représentaient peu le Saint Esprit seul.Dominant cette assise, un piédestal hexagonal, haut de trois mètres, dont chacune des faces se coiffe d’un galbe ogival trilobé surmonté d’un pinacle.Au tympan, s’ouvre un quatre feuilles et sur les rampants, courent en saillie de gracieux enroulements de crossettes.

Aux trois angles de l’assise des pilastres montent et, par un arc boutant de courbes légères, appuient de deux en deux les faces du piédestal.

Un contrefort coupe la rigidité des pilastres. Les arêtes de ces derniers portent des échancrures profondes, dues, comme celles du bénitier de l’église de Léhon, à l’ancestrale coutume qui faisait les faucheurs y passer les faucilles avant de couper leurs foins, leur blé ou leur paumelle.

Les trois contreforts étaient surmontés de statues de Saint Malo, Saint Samson et Saint Magloire, premiers évangélisateurs du pays.

A la révolution les trois statues disparurent. La tradition locale veut que l’une d’elle écrasa dans sa chute son profanateur. (Une restauration remplace les statues disparues par un petit clocheton au fronton trilobé).

Au dessus de ce piédestal s’élève une colonne dont le fût monolithe hexagonal a trois mètres cinquante de hauteur ; il est surmonté d’une embase à huit pans à tailloir abattu soutenant un prisme autour duquel grouille un monde de personnages naïfs.

Sur la face est : une représentation de Notre Seigneur couronnant sa Mère, deux angelots encadrent la scène. Au dessous apparaissent les rois Mages.

Sur la face ouest : la Trinité surmontée d’un triple dais sur ogives à redents. Le Père Eternel siège sur son trône et les bras passés sous la traverse horizontale de la croix soutient le Christ expirant. Une colombe, symbole du Saint Esprit touche de ses ailes la barbe du Père et la tête du Fils.

          Sur la face sud : une vierge à l’enfant. Sous les               pieds des Mages se tord un monstre.

A droite et à gauche de la croix figure la scène de l’Annonciation. Le dais de couronnement disparu, est refait au début du siècle lors de la réparation du piédestal.

La tradition attribue la construction du calvaire au duc de Lancastre qui campait avec son armée anglaise sur le plateau de La Haye, lors du siège de Dinan en 1357. Voilà un bien étonnant présent de la part de messieurs les anglais, qui pour l’heure étaient nos ennemis. (Le style XV ème siècle du monument met en doute cette version)

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