La Chapelle des Beaumanoir

 

Au Moyen Age, la haute aristocratie jouissait du privilège d'enfeu à perpétuité dans les églises et les couvents : leurs tombeaux, souvent monumentaux, s'élevaient dans les chapelles latérales ou dans le chœur même de l'église.

Attenante à l'église abbatiale, la chapelle sépulcrale des Beaumanoir conservait les tombeaux de cette illustre famille. Une tradition veut que le valeureux héros du combat des Trente, Jean III de Beaumanoir, y fut inhumé en 1365, mais sa pierre tumulaire n'a jamais pu être formellement identifiée.


Cette chapelle gothique est voûtée d'ogives aux colonnes surmontées de chapiteaux garnis de feuilles, dont l'un représente un groupe de trois masques de chevaliers.


Chapiteau à la retombée des voûtes portant encore des traces de polychromie.

Une jolie sculpture représentant un moine lisant son bréviaire, placée à l'origine à la base d'un meneau d'une fenêtre, soutient aujourd'hui le petit reliquaire de saint Magloire placé à gauche dans la nef de l'abbatiale.

Des fragments de vitraux, provenant de la maîtresse vitre de l'église paroissiale disparue, sont inclus dans la fenêtre à lancettes du chevet. Ces fragments répertoriés parmi les plus anciens de Haute Bretagne (XIlle et XlVe siècles) représentent la crucifixion, les apôtres saint Pierre et saint Paul et deux angelots.

Une crédence contenant la piscine pour le lavement des mains est placée à proximité de la porte conduisant au jardin.

Après la Révolution, cinq pierres tumulaires seront extraites de la chapelle des Beaumanoir abandonnée et à demi ruinée. Les " antiquaires " du XIXe siècle nous les décrivent ainsi

  • le gisant de Jean IV de Beaumanoir, trépassé en 1385, est sculpté en relief. il est représenté vêtu de son armure, la main gauche serrant le pommeau de son épée et la main droite sur le cœur. Sa tête couverte d'un suaire, car mort assassiné, est tenue par deux anges et ses pieds reposent sur un lion

"Ci-gît Raoullin Pollo de Redon, père d'un prieur de Céans qui trépassa le 18 juin de l'an MIV CXVI. Dieu lui pardonne. (1416). "

les cinq pierres tombales extraites de la chapelle Beaumanoir seront transportées, afin d'assurer leur sauvegarde au musée de Dinan en 1843. Elles seront restituées après la restauration de l'abbatiale à la fin du XIXe siècle et conservées depuis lors de chaque côté de la nef. D'autres tombeaux se trouvaient dans la nef de l'église abbatiale mais beaucoup furent brisés en 179 5.

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